Violences conjugales ou conflit conjugal?
- clairebaratte
- 26 mars
- 3 min de lecture

Comment repérer dans nos vies ce qui pourrait relever de violences conjugales (sur lesquelles nous sommes très alertés aujourd’hui), ou d’un conflit violent au sein d’un couple ?
Pourquoi est-ce important de faire la différence ? Et comment réagir dans les deux cas de figure ?
Voici quelques points de repères.
Les violences conjugales concernent à 85% des femmes, victimes de leur conjoint. Mais l’inverse existe aussi, de façon minoritaire.
Dans ces violences, qu’elles soient verbales, physiques ou psychologiques, on retrouve toujours un rapport de domination de l’un sur l’autre. La personne violente exerce un pouvoir sur son conjoint ou sa conjointe, qui va se répéter selon les mêmes schémas, créant ainsi un système d’intimidation, de peur, dans lequel la victime est niée en tant que personne. C’est toujours le même conjoint qui va démarrer ce cycle de violences en prenant l’autre pour cible. Bien souvent, cet autre conjoint ne comprend pas ce qu’on lui reproche, ne sait pas à quel moment peuvent éclater les sautes d’humeur, le dénigrement ou les attaques : cette imprévisibilité l’oblige à adapter son comportement, à anticiper, à se maintenir dans une grande vigilance, ne sachant pas où et quand la prochaine agression pourra survenir. Ces violences conjugales s’accompagnent d’une grande culpabilité chez la victime, qui s’interroge sur sa part de responsabilité dans ce qu’elle vit et veut croire que celui qu’elle aime va changer. Il existe pourtant un vrai danger pour ces personnes.
Cette violence est grave : elle est punie par la loi. De nombreux outils et procédures sont à la disposition des victimes pour les encourager à nommer ce qu’elles vivent, à prendre conscience de la violence et à la dénoncer, et si besoin être aidée à quitter son conjoint*.
Le conflit conjugal est un autre sujet. J’aime bien demander en entretien aux personnes que je reçois : « qu’est-ce qu’un conflit pour vous ? » et je constate que c’est fréquemment un terme qui fait peur. Selon l’histoire de chacun, certains fuient soigneusement les conflits, préférant mettre les sujets qui fâchent de côté ; d’autres ne savent pas les aborder autrement qu’en « débordant », laissant jaillir leur colère, les cris et les insultes pour tenter de se faire entendre. Or vivre un conflit en couple, c’est simplement se donner l’occasion de se mettre d’accord sur nos désaccords. Tant que le conflit existe, c’est qu’il y a une altérité dans le couple. Le conflit est égalitaire : les deux conjoints peuvent s’exprimer, les deux font valoir leurs sentiments, leurs opinions, leurs blessures. Il n’y pas de domination de l’un sur l’autre comme dans les violences conjugales, mais l’expression maladroite de la souffrance, des manques, des peurs. Parfois, ces sentiments sont tellement forts et difficiles à exprimer qu’ils éclatent avec violence, qu’ils peuvent dépasser nos pensées, nous faire peur et faire peur à l’autre.
Vivre les conflits de cette façon n’est pas une fatalité : si vous souffrez de ces disputes chroniques à l’issue desquels chacun des deux se sent épuisé, frustré, et toujours incompris de l’autre, vous pouvez être accompagné par un conseiller conjugal et familial pour apprendre à mieux vivre vos désaccords. Ils font partie de nos vies puisque nous sommes différents par essence et que nous ne pourrons jamais penser, ressentir, réagir de la même façon au sein d’un couple. C’est donc primordial d’apprendre à gérer ces conflits de la façon la plus adulte possible.
*contacts utiles (liste non exhaustive) :
3919: numéro d'appel national Violences info femmes
Permanences des CIDFF (Centre d'Information des Droits des Femmes et des Familles) dans chaque département
17 : Police Secours



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