Mon problème c'est l'autre
- clairebaratte
- 2 juin
- 2 min de lecture

Il y a quelques semaines j’assistais au spectacle d’une humoriste bien connue en ce moment, qui elle a eu cette réflexion : « mon mari ne veut pas venir en thérapie de couple. Il ne voit pas l’intérêt puisqu’il dit que le problème, c’est moi. Je lui ai répondu : « mon chéri, veux-tu venir avec moi et répéter exactement cette phrase, mais devant la thérapeute ? » Eclats de rire dans la salle.
Je pense que plus d’un(e) se reconnaîtra dans cette phrase.
Je l’entends régulièrement dans mon cabinet ! Hier encore, Sophia* me disait : « je viens vous voir car notre couple ne va pas bien du tout. J’ai eu une aventure l’an dernier avec quelqu'un, que Matthieu a découverte. Nous avons entrepris de nous faire aider il y a quelques mois, mais mon conjoint a voulu arrêter au bout de quelques séances, car il trouvait que la thérapeute lui posait trop de questions, comme si elle sous-entendait qu’il était aussi responsable de la situation. Il n’a pas supporté car selon lui, le problème, c’est moi ».
« Elle est contrôlante », « elle est folle », il est pervers narcissique », « elle se plaint en continu », « il ne fait rien à la maison »…Autant de jugements péremptoires et hâtifs qui coupent toute possibilité de se rejoindre et de se comprendre.
Dans toute difficulté de couple, dans tout conflit, il est très important que chacun prenne sa part de responsabilité et accepte de regarder, en conscience, ce qu’il y a chez lui qui n’est pas ajusté et qui vient contribuer au problème, voire le renforcer. Y compris dans les situations très douloureuses comme celle de l’infidélité de l’un des conjoints.
Il n’est pas possible de faire évoluer une relation de couple si chacun des partenaires ne consent pas à se questionner d’abord sur lui-même, avant de pointer du doigt ce qui de toute évidence, selon lui, ne va pas chez l’autre.
Un conseiller conjugal et familial, un thérapeute de couple n’est pas un juge qui aurait le pouvoir de dire qui a raison, qui a tort, qui est fautif ou coupable. Venir en thérapie de couple en espérant que notre conjoint soit montré du doigt comme le responsable des nos dysfonctionnements de couple est donc une méprise. De même qu’espérer que l’autre changera pour mieux nous convenir.
Ensemble, dans des entretiens de couple, nous pourrons plutôt nous interroger sur quelle est ma part de responsabilité aujourd’hui dans ce que je vis ? Comment je contribue (peut-être malgré moi) à entretenir la tension, la souffrance, la colère ou l’indifférence entre nous ? Et est-ce que j’accepte de commencer à changer moi-même plutôt qu’espérer que l’autre changera le premier ?
C’est à cette seule condition que notre relation pourra aller vers du mieux. Car en acceptant de me reconnaître imparfait, en acceptant de me remettre en cause, j’invite aussi l’autre à s'interroger, à se repositionner, et je nous donne toutes les chances de faire grandir et mûrir notre amour.
*les prénoms et les situations ont été modifiés pour préserver la confidentialité des entretiens garantie aux personnes que j'accueille dans le cadre professionnel.



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